
Nos amis de laFraise sont en plein changement avec le repositionnement de laFraise et le lancement de son tout nouveau réseau social. Après des mois de travail acharné, le nouveau site laFraise a été mis en ligne fin 2013 et sa nouvelle boutique le mois dernier.
Une excellente raison d’interviewer Michael et Thomas de laFraise sur la refonte de leur site. Et, c’est parti !!
Salut Michael, salut Thomas ! Vous pouvez peut-être d’abord nous expliquer ce que vous faites chez laFraise ?
MICHAEL :
Je suis en quelque sorte le chef de laFraise. Je me suis greffé au projet il y a deux ans pour commencer à réfléchir sur une refonte du site et la manière d’atteindre les objectifs fixés.
THOMAS :
Je suis chez laFraise depuis 2012, où j’occupe le super job de Quality Assurance Manager. Je m’occupe de tout ce qui est qualité dans les concours, des produits en vente sur la boutique et surtout de la communication avec les illustrateurs.
Pour le repositionnement de laFraise, on a touché aussi bien la technique qu’au concept du site. Quels sont les changements concrets ?
MICHAEL :
Nos changements techniques étaient motivés par un seul objectif : améliorer la rapidité du service. L’intégration de nouvelles fonctionnalités va maintenant être beaucoup plus facile.
Et nous avons complètement changé le concept de la plateforme.
Depuis que son rachat par Spreadshirt, laFraise avait laissé son concours de design prendre la poussière. laFraise fonctionnait comme une boutique de tee shirts lambda et le concours de design servait à alimenter la boutique en motifs.
Tout a changé aujourd’hui, car la nouvelle plateforme laFraise est moins focalisée sur les tee shirts. Elle cherche avant tout à mettre en avant
les motifs et leurs créateurs.THOMAS :
Aujourd’hui, le message de bienvenue du site est : « laFraise.com est le réseau social pour illustrateurs et artistes ». Ça résume bien notre concept !
On n’est plus une boutique de tee shirts avec des concours. Nous sommes un réseau social qui encourage et favorise l’interaction, l’échange et la créativité de ses utilisateurs.
Et accessoirement, vous pouvez commander les designs qui vous plaisent ! On propose bien sûr des produits à la vente… il faut bien financer le projet.
Le concours laFraise a-t-il changé ?
THOMAS :
Avant la nouvelle version, les illustrateurs téléchargeaient leurs designs. On filtrait les meilleurs pour qu’ils participent au concours. Le concours durait 7 jours durant lesquels la communauté pouvait voter pour ses designs préférés. Au bout des sept jours, notre équipe sélectionnait les deux vainqueurs de la semaine en fonction des appréciations de la communauté et les possibilités d’impression.
Avec le nouveau système, on ne filtre plus les motifs d’entrée de jeu. Tout le monde peut télécharger son motif et le présenter au monde entier. Toutes les semaines, nous sélectionnons 10 visuels parmi tous les envois et les nominons pour le concours. Après, le choix du vainqueur est laissé à la communauté qui décide du meilleur design de la semaine.
Ça veut dire que les designers et artistes ne peuvent plus postuler pour participer au concours ?
THOMAS :
Non, en fait, maintenant tu participes au concours dès que tu télécharges ton illustration sur la plateforme.MICHAEL :
Même si la comparaison peut paraître un peu exagérée, c’est comme une nomination aux Oscars : être nommé, c’est déjà un honneur en soi, et recevoir la statuette constitue la distinction suprême. Le fait que tu puisses gagner 1000 € grâce à ton visuel, ça n’est pas rien non plus !THOMAS :
Pour que ça ne soit pas ennuyeux, on va continuer à proposer des concours thématiques ou organisés avec des partenaires extérieurs. Ce type de concours reste ouvert, ça veut dire qu’on pourra toujours y proposer son motif directement.
Comment a réagi la communauté à la découverte de la nouvelle version ?
THOMAS :
Oula, on a eu beaucoup beaucoup de retours.
Les « vieux de la vieille », ceux qui sont là depuis 6 ou 7 ans et connaissaient parfaitement l’ancien concept, ont beaucoup de mal à s’y faire. Il faut qu’ils arrivent à se détacher de l’ancienne version. On sait que c’est difficile, ça l’a été aussi pour nous !
On doit faire comprendre à la communauté qu’on est pas là pour créer un nouveau site plus beau et plus chic, mais pour mettre en place un nouveau système avec de nouvelles règles du jeu, idées et manières de procéder.
La communauté laFraise a-t-elle été impliquée dans la création du projet ?
MICHAEL :
Nous avons travaillé avec deux écoles de graphisme de Berlin pour élaborer le nouveau concept laFraise. On a fait plusieurs workshops pour évaluer les besoins des graphistes et ce dont qu’ils ont besoin pour publier leur travail.
Le concept de base a été élaboré à partir des retours des étudiants en graphisme. Comme tu peux le voir, on a beaucoup travaillé en amont avec les gens à qui le site s’adresse.
Ensuite, nous avons invité 20 à 30 illustrateurs laFraise à tester les nouveautés.
Combien de temps avez-vous travaillé sur la nouvelle version ?
MICHAEL :
Depuis le moment où on a choisi dans quelle direction on voulait aller à la mise en ligne, ça a pris à peu près un an.
Mais, quand je me suis attelé au projet il y a deux ans, l’objectif était surtout de remettre sur pied laFraise. Une fois qu’on a pris les choses en main, on a cherché dans quelle direction on voulait aller.
Ce genre de décisions stratégiques prend du temps et Rome ne s’est pas fait en un jour. Ça demande beaucoup de travail en amont et de bien connaître le marché.
J’ai une petite histoire à te raconter à ce sujet : quand j’ai commencé chez laFraise, je suis tombé sur un post de blog qui avait à peu près deux ans. Il recensait 46 concours de design graphique sur tee shirts, partout dans le monde. Ce post renvoyait vers un article plus récent sur le même thème. Mais au lieu des 46 concours, il n’y en avait plus 23 et certains d’entre eux étaient aussi supprimés.
Ça montre bien que les délais imposés par les concours de tee shirts en édition limitée, ne correspondent plus à la tendance actuelle. Les concours de tee shirts imposent de facto un délai de six à huit semaines entre le moment où le client voit le design pour la première fois et celui où il reçoit son tee shirt à la maison (entre-temps, il y a le vote, la fabrication, etc.)
On a commencé à réfléchir à la manière de raccourcir ce délai. Mais, ce type de fonctionnement impose forcément un délai de trois à quatre semaines.
En cherchant à faire quelque chose, on a vite compris qu’une refonte complète de laFraise s’imposait.
Quelle est la prochaine étape ? Vous en êtes où dans votre to-do-liste ?
MICHAEL :
On doit maintenant agir à deux niveaux :
affiner l’ensemble du concept et optimiser ce qui a déjà été mis en place.
Avant de lancer des nouveaux trucs, on va intégrer tout ce qu’on a appris depuis le lancement de la nouvelle version pour pérenniser la plateforme.
Quel rôle a joué Spreashirt dans le processus ?
MICHAEL :
En fait, Spreadshirt n’a joué absolument aucun rôle. On veut rester indépendant par rapport à Spreadshirt.
Tant que nous restons proches de Spreadshirt, tant au niveau technologique que des produits, on n’arrivera jamais à se développer comme on veut. En plus, on ne veut pas être considéré comme le « petit Spreadshirt » ou la « plateforme de concours de Spreadshirt ».THOMAS :
Pour vous donner une image, c’est comme si nous étions en voyage scolaire sans maman à côté mais qu’on savait qu’elle n’est pas loin.
laFraise va-t-elle utiliser les possibilités de production de Spreadshirt ?
MICHAEL :
Oui, ce serait dommage de ne pas en profiter ! On a l’avantage que les processus de production fonctionnent parfaitement chez Spreadshirt.
Mais dans le futur, notre collaboration avec Spreadshirt sera au même niveau qu’entre Spreadshirt et une boutique partenaire Premium. Sans exception en tout genre, histoire d’avoir un truc clair et net.
Qu’avez-vous prévu maintenant pour laFraise ?
MICHAEL :
Nous voulons continuer les concours thématiques et les concours partenaires et aussi étendre notre gamme de produits. Les designs laFraise ne doivent pas être cantonnés à des tee shirts ! On propose déjà des coques pour portable, mais on veut essayer plein d’autres produits cool comme des snowboards, casques audio, casques, chaussures, etc.
Mais, nous mettons surtout la priorité sur la mise en place de notre réseau et les possibilités d’interaction. Même si nous voulons que laFraise grandisse et devienne plus internationale, on doit aussi faire attention à ne pas perdre le contact avec nos illustrateurs.THOMAS :
Sur la plateforme actuelle, on a p. ex. supprimé le back-end pour se rapprocher des illustrateurs. Ça signifie que nous gérons tout directement sur la plateforme. Tous les membres de l’équipe disposent d’un compte laFraise normal avec des droits étendus. Donc on est comme des utilisateurs lambda et on voit beaucoup plus vite les points faibles de la plateforme.
Avant de se quitter, je souhaite un BON ANNIVERSAIRE à laFraise, qui fête ses 10 ans d’existence. Vous avez prévu une fête ?
MICHAEL :
On a tous tellement de trucs à faire en ce moment qu’on n’a pas le temps de faire la fête. En ce moment, on ne pense qu’à développer et améliorer notre nouveau produit et élaborer un lien de confiance avec la communauté. Tout ce qu’on veut, c’est nous améliorer encore et encore.THOMAS :
La différence entre la start-up laFraise et le site laFraise d’aujourd’hui peut être interprétée de cette façon : Si avant on aimait se montrer en train de s’amuser, maintenant « la fête c’est notre taf ».
Merci à tous les deux pour cette interview très détaillée.
Si vous avez d’autres questions à poser à Thomas et Michael, vous savez ce qu’il vous reste à faire… Postez-nous un commentaire !

MICHAEL :

